En ces temps de confinement on entend de plus en plus de la part des citadins ce fameux besoin de “retour à la nature”. Pour une part d’entre eux, on voit se profiler une petite exode vers les campagnes dans des dynamiques assez variées.

Pour d’autres, c’est un travail sur son environnement direct… Faire entrer la nature en ville ! Aujourd’hui même si je me projette à long terme sur une installation rurale je vais vous partager ma petite expérience de jardinage urbaine. Ma manière (et celle de bien d’autres) d’opérer ce retour aux sources !

Ayant vécu à Lyon j’ai vu fleurir un nombre important de jardins partagés. Ces lieux où l’espace n’appartient qu’à l’association porteuse et le jardin est cultivé collectivement. Clairement, l’idée me plaisait mais mon regard se portait sur les jardins ouvriers…

Ces parcelles qu’on appelle également jardins familiaux sont apparues à la fin du 19ème siècle. Elles permettaient à des foyers à bas revenus de compléter leurs ressources en faisant pousser leurs propres légumes. Aujourd’hui ces parcelles existent toujours et sont extrêmement prisées! Autant vous dire qu’à Lyon je n’ai jamais réussi à en décrocher une… Les files d’attente peuvent être très longues.

Il faut savoir que certaines se transmettent de manière plus officieuse… Et (j’ai un peu honte) mais c’est comme ça que j’ai fini par trouver mon bout de terrain de 200m² au milieu d’une quinzaine d’autres. Alors premier conseil si c’est ce que vous cherchez, n’hésitez pas à vous rendre sur place et demander si une parcelle va se libérer prochainement !

A ma grande surprise, le règlement intérieur de l’association qui gère ma parcelle date de… 1 siècle! Pas question de barbecue, on y va pour cultiver selon le texte. Évidemment dans les faits les jardiniers jouent avec les règles pour autant il faut montrer patte blanche.

On m’a bien fait comprendre dès le début que je devais bien cultiver l’ensemble de ma parcelle au risque de me faire virer! On m’a même reproché de ne pas désherber les bordures un peu en pente de ma parcelle… Ça ne faisait pas propre! Bref même si les jardins familiaux sont très divers j’ai eu plusieurs retours de ce style. Beaucoup de jardiniers sont un peu de l’ancienne garde. Je sais qu’au fond ils sont contents de voir des jeunes (filles en plus) s’occuper de la parcelle. Mais ils aiment bien garder un certain contrôle sur ce qui se passe, et pas seulement sur leur propre parcelle!

Jardiner en ville : Retour d'expérience sur les jardins ouvriers

J’ai hérité d’un terrain assez sympa, deux bandes de 100m2 plus un petit carré à fleurir. Des bidons de récupération d’eau, une cabane et un composteur de jardin. Une bonne nouvelle pour moi qui m’intéresse au compostage depuis un certain temps! Les débouchés pour des produits compostés en appartement n’étant pas légion autour de chez moi, c’était franchement la solution parfaite. L’ensemble (déchets de cuisine et déchets de jardins bruns et verts) me permet un apport franchement varié et équilibré en azote et carbone!

Pour ne pas m’éterniser, j’aimerais conclure avec quelques conseils pour les personnes qui débutent:

  • Il faudra forcément vous former d’une manière ou d’une autre. Un gros de livre de jardinage comme base et beaucoup de vidéos youtube sur des légumes précis, des saisons, que faire à tel mois…. Et si vous êtes sur un terrain collectif absolument dialoguer! Sachez simplement que chacun a sa technique. Vous pourrez avoir des conseils franchement contradictoires sans que personne n’ai factuellement tort! Le bonheur!
  • Il faut être assez rigoureux quand vous vous lancez. Essayez de planifier un minimum ce que vous allez faire, comment vont s’organiser vos planches de cultures etc.. Mais surtout notez tout! Dès que vous plantez quelque chose, notez l’emplacement, la date, la méthode…
  • On me l’avait dit à plusieurs reprises dans un stage de maraîchage avec ferme d’avenir mais la symétrie est très importante. Plantez en ligne droite et faites vos lignes symétriques. Ça vous évitera bien des galères pendant votre désherbage.
  • Préparez vous à désherber, c’est bien la moitié du travail! Mais ne le prenez pas comme une corvée, ça peut être franchement relaxant!

Je m’appelle Sophia, aujourd’hui installée à Saint-Etienne je me prépare comme je peux à une reconversion dans le maraîchage. Des stages, du jardinage… Et un blog sur le compostage. Une thématique qui je trouve introduit bien au champ passionnant de la biologie des sols!